Le pilotage d’une voiture de course : étude du transfert de masse

Aborder une virage à grande vitesse n’est pas toujours une évidence même pour les pilotes les plus chevronnés. Pouvoir passer une courbe à la vitesse la plus élevée possible – au risque de dépasser la limite – requiert quelques notions sur le pilotage et des connaissances sur les réactions physiques de la voiture.
1er cas de figure : le sous-virage

Dans ce cas, la voiture a tendance à aller vers l’extérieur du virage, même en cas d’application du rayon de braquage maximum des roues avant.
Le sous-virage est la situation la plus dangereuse et la plus détestée des pilotes. Il est généralement causé par une vitesse d’entrée en courbe trop élevée avec la majorité de la masse de la voiture " entassée " à l’arrière (d’où allègement de l’avant et réduction de l’adhérence sur le train avant).
Les voitures " traction " sont généralement réputées pour être sous-vireuses – mais il est parfaitement possible d’éviter le sous-virage sur une traction avec la manière de pilotage adéquate.
Comment éviter le sous-virage ?
Freiner en entrée de courbe (ou même dans la courbe) pour transférer la masse vers l’avant (afin de donner plus d’adhérence aux roues directrices). A la limite, tirer sur le frein à main pour bloquer les roues arrières tout en braquant pour faire " dériver " l’arrière (l’usage du frein à main ne doit servir qu’en dernier recours).
Ne réaccélérer que quand la voiture est bien sur la trajectoire de la courbe.
2ème cas de figure : le sur-virage

Au contraire du sous-virage, la voiture a tendance a aller vers l’intérieur du virage. Cette situation peut finir par une tête-à-queue si le pilote n’y remédie pas à temps.
Ce sont les voitures " propulsion " qui ont une " tendance naturelle " au survirage (ce qui ne veut pas dire que les propulsions ne sous-virent pas, loin de là).
Les pilotes de rallye, surtout sur les surfaces peu adhérentes comme la terre ou la neige, initie toujours un survirage en entrée de courbe surtout à vitesse très élevée.
La méthode pour initier un survirage est la même que pour éviter un sous-virage, c’est-à-dire transférer la masse de la voiture vers l’avant.
On peut aussi faire " l’appel contre-appel " qui consiste à transférer la masse " de gauche à droite " (ou de " droite à gauche ", selon le virage) afin d’initier un survirage. L’appel contre-appel consiste à donner des coups de volant brefs et brusques et nécessite un apprentissage poussé des techniques de pilotage.
Comment réagir au survirage ?
La réaction la plus " naturelle " est le contre-braquage, mais il faut surtout garder une accélération constante (au contraire du sous-virage, où il ne faut plus accélérer).
Doit-on éviter le survirage ?
Étonnamment, une voiture survireuse est plus sécurisante qu’une autre sous-vireuse, à condition que le conducteur sait comment réagir lorsque le survirage se produit.
Voilà pour la petite introduction au pilotage d’une voiture de course. Mais surtout ne l’appliquez pas sur route ouverte et ne négligez pas votre sécurité !
Posté le 13 Septembre 2008